François Villon - Ballade et oraison (Spanish translation)

French (Middle French)

Ballade et oraison

 
Père Noé, qui plantâtes la vigne ;
Vous aussi, Loth, qui bûtes ou rocher,
Par tel parti qu'Amour, qui gens engigne, (1)
De vos filles si vous fit approucher, (2)
(Pas ne le dis pour le vous reproucher), (3)
Architriclin, qui bien sûtes cet art,
Tous trois vous pri que vous veuillez prêcher
L'âme du bon feu maître Jean Cotard !
 
Jadis extrait il fut de votre ligne,
Lui qui buvoit du meilleur et plus cher ;
Et ne dût-il avoir vaillant un pigne,
Certes, sur tous, c'étoit un bon archer ;
On ne lui sût pot des mains arracher,
Car de bien boire oncques ne fut fétard. (4)
Nobles seigneurs, ne souffrez empêcher (5)
L'âme du bon feu maître Jean Cotard !
 
Comme homme bu (6) qui chancelle et trépigne
L'ai vu souvent, quand il s'alloit coucher ;
Et une fois il se fit une bigne, (7)
Bien m'en souvient, à l'étal d'un boucher.
Bref, on n’eût sû en ce monde sercher
Meilleur pïon, pour boire tôt et tard.
Faites entrer, quand vous orrez hucher (8.)
L’âme du bon feu maître Jean Cotard !
 
Prince, il n’eût sû jusqu’à terre cracher ;
Toujours crioit : " Haro, la gorge m’ard " (9)
Et si ne sût onc sa seuf (10) étancher,
L’âme du bon feu maître Jean Cotard.
 
Submitted by Guernes on Sat, 29/10/2016 - 19:37
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(1) trompe
(2) approcher
(3) reprocher
(4) paresseux
(5) faire obstacle à
(6) ivre
(7) contusion
(8.) appeler
(9) brûle
(10) soif

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Spanish translation

Balada y oración

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Padre Noé, que plantaste las viñas,
y tú, Loth, que bebiste en la cueva
tanto que Amor, que siempre trampas lleva,
hizo que "conocieras" a tus niñas
(no es un reproche, no, dulce inconsciente)
y Archetreclin, borracho diplomado,
os ruego recibáis pomposamente
al alma de Cotart el buen finado.
 
Nació hace mucho del linaje vuestro,
bebió de lo más caro y más preciado
y en no pagar de todos fue el más diestro.
Caballero del vino fue, arrojado:
nunca temblaba al escalar toneles
y el vaso defendía encarnizado.
Abrid del Paraíso los canceles
al alma de Cotart el buen finado.
 
¡Cuántas veces lo he visto tambalearse
cuando se iba a dormir el bullanguero!
Una vez un chichón hizo al golpearse
contra el puesto de un maestro carnicero.
No creo que en el mundo pueda hallarse
del vino un hombre más enamorado.
Dejadla entrar, cuando la oiréis quejarse,
al alma de Cotart el buen finado.
 
Nunca al suelo llegó cuando escupía.
Gritaba: " ¡Mi garganta se ha incendiado!"
Saciar su sed el alma no podía,
el alma de Cotart el buen finado.
 
© Christian Guernes
Submitted by Guernes on Sat, 29/10/2016 - 19:39
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Traducción - Rubén Abel Reches

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