Georg Trakl - Duu38 - Psalm (French translation)

German

Duu38 - Psalm

 
Karl Kraus zugeeignet
 
. . Es ist ein Licht, das der Wind ausgelöscht hat.
. . Es ist ein Heidekrug, den am Nachmittag ein Betrunkener verläßt.
. . Es ist ein Weinberg, verbrannt und schwarz mit Löchern voll Spinnen.
. . Es ist ein Raum, den sie mit Milch getüncht haben.
. . Der Wahnsinnige ist gestorben. Es ist eine Insel der Südsee,
. . Den Sonnengott zu empfangen. Man rührt die Trommeln.
. . Die Männer führen kriegerische Tänze auf.
. . Die Frauen wiegen die Hüften in Schlinggewächsen und Feuerblumen,
. . Wenn das Meer singt. O unser verlorenes Paradies.
 
. . Die Nymphen haben die goldenen Wälder verlassen.
. . Man begräbt den Fremden. Dann hebt ein Flimmerregen an.
. . Der Sohn des Pan erscheint in Gestalt eines Erdarbeiters,
. . Der den Mittag am glühenden Asphalt verschläft.
. . Es sind kleine Mädchen in einem Hof in Kleidchen voll herzzerreißender Armut!
. . Es sind Zimmer, erfüllt von Akkorden und Sonaten.
. . Es sind Schatten, die sich vor einem erblindeten Spiegel umarmen.
. . An den Fenstern des Spitals wärmen sich Genesende.
. . Ein weißer Dampfer am Kanal trägt blutige Seuchen herauf.
 
. . Die fremde Schwester erscheint wieder in jemands bösen Träumen.
. . Ruhend im Haselgebüsch spielt sie mit seinen Sternen.
. . Der Student, vielleicht ein Doppelgänger, schaut ihr lange vom Fenster nach.
. . Hinter ihm steht sein toter Bruder, oder er geht die alte Wendeltreppe herab.
. . Im Dunkel brauner Kastanien verblaßt die Gestalt des jungen Novizen.
. . Der Garten ist im Abend. Im Kreuzgang flattern die Fledermäuse umher.
. . Die Kinder des Hausmeisters hören zu spielen auf und suchen das Gold des Himmels.
. . Endakkorde eines Quartetts. Die kleine Blinde läuft zitternd durch die Allee,
. . Und später tastet ihr Schatten an kalten Mauern hin, umgeben von Märchen und heiligen Legenden.
 
. . Es ist ein leeres Boot, das am Abend den schwarzen Kanal heruntertreibt.
. . In der Düsternis des alten Asyls verfallen menschliche Ruinen.
. . Die toten Waisen liegen an der Gartenmauer.
. . Aus grauen Zimmern treten Engel mit kotgefleckten Flügeln.
. . Würmer tropfen von ihren vergilbten Lidern.
. . Der Platz vor der Kirche ist finster und schweigsam, wie in den Tagen der Kindheit.
. . Auf silbernen Sohlen gleiten frühere Leben vorbei
. . Und die Schatten der Verdammten steigen zu den seufzenden Wassern nieder.
. . In seinem Grab spielt der weiße Magier mit seinen Schlangen.
 
. . Schweigsam über der Schädelstätte öffnen sich Gottes goldene Augen.
 
Submitted by Guernes on Sun, 08/05/2016 - 21:21
Last edited by Guernes on Fri, 30/12/2016 - 13:01
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Karl Kraus zugeeignet

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French translation

Psaume

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à Karl Kraus
 
. . Il y a une lumière que le vent a éteinte.
. . Il y a dans l’après-midi sur la lande une auberge d’où sort un ivrogne.
. . Il y a le coteau noir et brûlé d’une vigne avec des trous pleins d’araignées.
. . Il y a une salle qu’ils ont badigeonnée avec du lait.
. . Le forcené a cessé de vivre. Il y a une île des mers du Sud
. . Pour accueillir le dieu Soleil. On a battu le tambour.
. . Les hommes s’entraînent à leur danse guerrière.
. . Les femmes se déhanchent parmi les lianes, et les fleurs de feu
. . Quand la mer chante. Ô notre paradis perdu.
 
. . Les nymphes ont délaissé les forêts d’or.
. . On enterre l’étranger. Et puis tombe une pluie d’étincelles.
. . Paraît le fils de Pan sous l’aspect d’un terrassier
. . Qui, à midi s’endort, sous les brûlures de l’asphalte.
. . Ce sont des fillettes dans une cour ; leurs petites robes sont d’une pauvreté à fendre l’âme !
. . Ce sont des chambres emplies d’accords et de sonates
. . Ce sont des ombres qui, devant un miroir aveugle, s’embrassent.
. . Aux fenêtres de l’hôpital des convalescents qui se réchauffent.
. . Blanc sur le canal, un bateau à vapeur rapporte des épidémies sanglantes.
 
. . La sœur étrangère de nouveau paraît dans les mauvais rêves de quelqu’un.
. . Reposant dans le buisson de noisetiers elle joue avec ses étoiles.
. . L’étudiant, son double peut-être, la regarde longuement de sa fenêtre.
. . Derrière lui se tient son frère mort, ou bien il descend la spirale du vieil escalier.
. . Dans l’obscurité brune des marronniers s’estompe la forme du jeune novice.
. . Le jardin est dans le soir. Alentour dans le cloître volettent les chauve-souris.
. . Les enfants du concierge arrêtent leurs jeux et cherche l’or du ciel.
. . Air final pour un quatuor. La petite aveugle court en tremblant dans l’allée.
. . Et plus tard son ombre tâtonne au long des murs froids, entourée de contes et de saintes légendes.
 
. . Il y a un bateau vide qui dans la soirée descend le canal noir.
. . Dans les recoins sombres du vieil asile convulsent des ruines humaines.
. . Les orphelines mortes sont couchées près du mur du jardin.
. . Des chambres grises sortent des anges, les ailes couvertes d’excréments ;
. . Des vers gouttent de leurs paupières jaunies.
. . La place de l’église est sombre et taciturne, comme aux jours de l’enfance.
. . Sur des semelles d’argent glisse et passe la vie
. . Et les ombres des damnés montent soupirantes des basses eaux.
. . Dans sa tombe le magicien blanc joue avec ses serpents.
 
. . Silencieux au-dessus de l’ossuaire, s’ouvrent les yeux d’or de Dieu.
 
© Christian Guernes
Submitted by Guernes on Fri, 30/12/2016 - 13:00
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