Georg Trakl - Duu44 - Im Dorf (French translation)

German

Duu44 - Im Dorf

1
 
Aus braunen Mauern tritt ein Dorf, ein Feld.
Ein Hirt verwest auf einem alten Stein.
Der Saum des Walds schließt blaue Tiere ein,
Das sanfte Laub, das in die Stille fällt.
 
Der Bauern braune Stirnen. Lange tönt
Die Abendglocke; schön ist frommer Brauch,
Des Heilands schwarzes Haupt im Dornenstrauch,
Die kühle Stube, die der Tod versöhnt.
 
Wie bleich die Mütter sind. Die Bläue sinkt
Auf Glas und Truh, die stolz ihr Sinn bewahrt;
Auch neigt ein weißes Haupt sich hochbejahrt
Aufs Enkelkind, das Milch und Sterne trinkt.
 
2
 
Der Arme, der im Geiste einsam starb,
Steigt wächsern über einen alten Pfad.
Die Apfelbäume sinken kahl und stad
Ins Farbige ihrer Frucht, die schwarz verdarb.
 
Noch immer wölbt das Dach aus dürrem Stroh
Sich übern Schlaf der Kühe. Die blinde Magd
Erscheint im Hof; ein blaues Wasser klagt;
Ein Pferdeschädel starrt vom morschen Tor.
 
Der Idiot spricht dunklen Sinns ein Wort
Der Liebe, das im schwarzen Busch verhallt,
Wo jene steht in schmaler Traumgestalt.
Der Abend tönt in feuchter Bläue fort.
 
3
 
Ans Fenster schlagen Äste föhnentlaubt.
Im Schoß der Bäurin wächst ein wildes Weh.
Durch ihre Arme rieselt schwarzer Schnee;
Goldäugige Eulen flattern um ihr Haupt.
 
Die Mauern starren kahl und grauverdreckt
Ins kühle Dunkel. Im Fieberbette friert
Der schwangere Leib, den frech der Mond bestiert.
Vor ihrer Kammer ist ein Hund verreckt.
 
Drei Männer treten finster durch das Tor
Mit Sensen, die im Feld zerbrochen sind.
Durchs Fenster klirrt der rote Abendwind;
Ein schwarzer Engel tritt daraus hervor.
 
Submitted by Guernes on Mon, 09/01/2017 - 20:59
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French translation

Au village

1
 
Hors les murs bruns, ressort un champ, un village.
Un berger pourrit sur une vieille pierre.
À l’orée du bois vivent des bêtes bleues
Dans le doux feuillage qui tombe en silence.
 
Le front est brun des paysans. Longue sonne
La cloche du soir. Belle et pieuse coutume :
Le Sauveur, sa tête au buisson noir d’épines.
Les chambres sont froides que la mort raccorde
 
Et blafardes les mères. Le bleu descend
Sur les bibelots qui, fiers, gardent leur sens ;
Très vieille, une tête blanche aussi s’incline
Sur l’enfant qui boit le lait et les étoiles.
 
2
 
Seul en esprit le pauvre déjà mort, teint
Cireux, gravit la pente du vieux sentier.
Les pommiers défaillent, nus et immobiles,
Dans la couleur avariée de leurs fruits noirs.
 
Le toit de chaume encore et toujours se courbe
Sur le repos de l’étable. La servante
Aveugle paraît dans la cour ; bleue, une eau
Croupie ; à la porte, un crâne de cheval.
 
L’idiot énonce d’une phrase d’amour
Le sens obscur qui se tient dans les haies noires
Et s’y perd, frêle créature de rêve.
Le soir bleu se teinte de vapeurs lointaines.
 
3
 
Des branches effeuillées frappent la fenêtre.
La paysanne enrage d’un mal féroce
D’entre ses bras ruisselle une neige noire.
Tremble sur sa tempe une chouette aux yeux d’or.
 
Des murs couverts d’une saleté grise
Dans l’ombre froide. Enceinte, une femme tremble
Sur son lit de fièvre. Une lune la fixe,
Insolente. Un chien vient crever dans sa chambre.
 
Trois hommes franchissent le pas de la porte
Avec leur faux qu’ils ont brisées dans les champs.
Rouge le vent du soir cligne à la fenêtre ;
Un ange noir se montre alors là-dedans.
 
Submitted by Guernes on Mon, 09/01/2017 - 21:00
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© Christian Guernes

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