Hélian (Duu48 - Helian)

French translation

Hélian

Aux heures solitaires de l’esprit,
Aller au soleil est beau
Le long des murs jaunes de l’été.
C’est à peine si les pas tintent dans l’herbe ; mais toujours dort
Le fils de Pan dans le marbre gris.
 
Le soir sur la terrasse, nous nous enivrâmes d’un vin brun.
Rougeâtre une pêche brasillait dans les frondaisons ;
Douce une sonate, un rire joyeux.
 
Le silence est beau la nuit
Sur les plaines sombres,
Nous rencontrâmes des bergers et de blanches étoiles.
 
Quand l’automne arrive
Une sobre clarté se montre au bois
Dans une paix sacrée près des murs rouges nous avons marché
Poursuivant le vol des oiseaux avec des yeux ronds.
Au soir, une eau blanche tombait sur les urnes funéraires.
 
Dans les branchages nus le ciel est en fête,
Dans ses mains pures le paysan porte le pain et le vin
Et dans la chambre ensoleillée les fruits mûrissent paisibles.
 
Ô comme est réel et cher le visage des morts.
L’âme se réjouit de la justesse alors d’un regard.
 
*
 
Puissant est le mutisme des jardins dévastés,
Quand le jeune novice couronne son front de lauriers bruns,
Son souffle boit un or glacial.
 
Les mains touchent de vieilles eaux bleuâtres
Ou dans la nuit froide les joues blanches des sœurs.
 
Harmonieuse et légère est l’en-allée des chambres accueillantes
Où sont bruissement d’érable et solitude,
Où la grive peut-être chante encore.
 
L’homme est beau lorsqu’il paraît dans l’ombre
Agitant bras et jambes ébahi d’étonnement
Et qu’il écarquille grand les yeux dans leur orbite pourpre.
 
À vêpres l’étranger se perd dans le délabrement noir de novembre,
Dans des branchages pourris près des murs pleins de lèpre
Où s’en est allé autrefois le frère sacré,
Disparu dans le doux jeu de cordes de sa folie,
 
Ô solitaire, comme prend fin le vent du soir.
La tête s’incline et s’évanouit dans l’obscurité des oliviers.
 
*
 
Bouleversant est le déclin de la race.
En cette heure les yeux de celui qui veille s’emplissent
De l’or de ses étoiles.
 
Le carillon du clocher qui plus jamais ne sonne s’abîme dans le soir.
S’effondrent les murs noirs de la place,
Le soldat mort appelle à la prière.
 
Ange blême
Paraît le fils dans la maison désertée de ses pères.
 
Les sœurs sont parties au loin chez de blancs vieillards.
En pleine nuit le dormeur les trouva à l’entrée des portiques
Revenant de tristes pèlerinages.
 
Ô leurs cheveux, raidis par les vers et la boue,
Quand il s’approche d’elles avec ses pieds d’argent
Et qu’elles, défuntes s’en vont, dans le désert des chambres.
 
Ô vous, psaumes, aux pluies ardentes de minuit,
Quand les servants frappent d’orties les yeux plein de douceur,
Quand les fruits tendres du sureau
Se penche émerveillés sur les tombes vides.
 
Des lunes jaunies doucement jouent
Avec les lins enfiévrés de l’adolescent,
Ah, le mutisme de l’hiver qui s’ensuit.
 
*
 
Un sublime destin médite en descendant le Cédron,
Où s’épanouit, souple créature,
Le cèdre, sous les sourcils bleus du Père.
Sur le pâturage la nuit un berger mène son troupeau.
Ou bien ce sont des cris dans le sommeil
Quand un ange d’airain au bosquet se présente à l’homme,
Que la chair du saint se met à fondre sur le gril ardent.
 
Sur le torchis des cabanes grimpe une vigne pourpre,
Fagots sonores jaunis de blés,
Abeilles bourdonnantes, envolées de grues.
Le soir on rencontre par les chemins pierreux des ressuscités.
 
Les lépreux se mirent dans les eaux noires ;
Ou bien ils ouvrent leurs vêtements maculés de boue
Pleurant au vent qui souffle, balsamique depuis le tertre rose.
 
De frêles servantes, à la recherche du berger amoureux,
Tâtonnent au travers des ruelles de la nuit.
Le samedi dans les cabanes résonne un doux chant.
 
Que cette aria se souvienne aussi du garçon,
De sa folie, des sourcils blancs et de son trépas,
Et des corps putréfiés qui ouvrent leurs yeux bleuâtres.
Ô comme est triste ce revoir.
 
*
 
Les degrés de la folie dans les chambres noires,
Les ombres des anciens au-dessous de la porte ouverte,
L’âme d’Hélian qui se contemple au rose du miroir
Et là, neige et lèpre qui tombent de son front.
 
Aux murs, se sont éteintes les étoiles
Et les formes blanches de la lumière.
 
Du tapis sortent les ossements des tombes,
Le silence des croix délabrées sur la colline,
Le goût sucré de l’encens dans le vent pourpre de la nuit.
 
Ô leurs yeux brisés dans des bouches noires,
Quand de ses douces ténèbres, le descendant
Solitaire réfléchit à une fin plus sombre.
Le dieu muet abaisse sur lui ses paupières bleues.
 
Submitted by Guernes on Tue, 17/01/2017 - 22:09
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© Christian Guernes

German

Duu48 - Helian

In den einsamen Stunden des Geistes
Ist es schön, in der Sonne zu gehn
An den gelben Mauern des Sommers hin.
Leise klingen die Schritte im Gras; doch immer schläft
Der Sohn des Pan im grauen Marmor.
 
Abends auf der Terrasse betranken wir uns mit braunem Wein.
Rötlich glüht der Pfirsich im Laub;
 

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