En chemin (Sit03 - Unterwegs)

German

Sit03 - Unterwegs

. . Am Abend trugen sie den Fremden in die Totenkammer ;
. . Ein Duft von Teer ; das leise Rauschen roter Platanen ;
. . Der dunkle Flug der Dohlen ; am Platz zog eine Wache auf.
. . Die Sonne ist in schwarze Linnen gesunken ; immer wieder kehrt dieser vergangene Abend.
. . Im Nebenzimmer spielt die Schwester eine Sonate von Schubert.
. . Sehr leise sinkt ihr Lächeln in den verfallenen Brunnen,
. . Der bläulich in der Dämmerung rauscht. O, wie alt ist unser Geschlecht.
. . Jemand flüstert drunten im Garten ; jemand hat diesen schwarzen Himmel verlassen.
. . Auf der Kommode duften Äpfel. Großmutter zündet goldene Kerzen an.
 
. . O, wie mild ist der Herbst. Leise klingen unsere Schritte im alten Park
. . Unter hohen Bäumen. O, wie ernst ist das hyazinthene Antlitz der Dämmerung.
. . Der blaue Quell zu deinen Füßen, geheimnisvoll die rote Stille deines Munds,
. . Umdüstert vom Schlummer des Laubs, dem dunklen Gold verfallener Sonnenblumen.
. . Deine Lider sind schwer von Mohn und träumen leise auf meiner Stirne.
. . Sanfte Glocken durchzittern die Brust. Eine blaue Wolke
. . Ist dein Antlitz auf mich gesunken in der Dämmerung.
 
. . Ein Lied zur Guitarre, das in einer fremden Schenke erklingt,
. . Die wilden Hollunderbüsche dort, ein lang vergangener Novembertag,
. . Vertraute Schritte auf der dämmernden Stiege, der Anblick gebräunter Balken,
. . Ein offenes Fenster, an dem ein süßes Hoffen zurückblieb -
. . Unsäglich ist das alles, o Gott, daß man erschüttert ins Knie bricht.
 
. . O, wie dunkel ist diese Nacht. Eine purpurne Flamme
. . Erlosch an meinem Mund. In der Stille
. . Erstirbt der bangen Seele einsames Saitenspiel.
. . Laß, wenn trunken von Wein das Haupt in die Gosse sinkt.
 
Submitted by Guernes on Sat, 21/01/2017 - 19:21
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French translation

En chemin

. . Le soir venu, ils portèrent l’étranger dans la chambre des morts ;
. . Une odeur de goudron ; le frouement rouge et léger des platanes ;
. . Le sombre vol des choucas ; la garde qui passait sur la place.
. . Le soleil descendu dans ses lins noirs ; et toujours ressassé, à nouveau ce dernier soir.
. . Dans la chambre voisine la sœur joue une sonate de Schubert.
. . Très doucement son sourire sombre dans la fontaine en ruine
. . Qui murmure bleuâtre dans le crépuscule. Ô, comme est vieille notre race.
. . Quelqu’un chuchote en bas dans le jardin ; quelqu’un a quitté ce ciel noirci.
. . Les pommes sentent bon sur la commode. Grand-mère allume l’or des chandelles.
 
. . Ô, comme l’automne est clément. Notre pas sonne léger dans le vieux parc
. . Sous la voûte des arbres. Ô, comme est grave le visage d’hyacinthe du crépuscule.
. . La source bleue à tes pieds, le silence rouge de ta bouche plein de mystères.
. . Alangui dans le sommeil des feuilles, dans l’ombre d’or des tournesols flétris.
. . Tes paupières sont lourdes et le pavot étouffe les rêves de ton front.
. . De douces cloches vibrent au travers de ta poitrine. Un nuage bleu,
. . Et c’est ton visage qui se penche vers moi dans le crépuscule.
 
. . Un air de guitare qui résonne dans une auberge inconnue,
. . Là-bas les buissons d’un sureau sauvage, un jour de novembre passé depuis longtemps
. . Des pas familiers dans l’escalier qui s’enténèbre, l’aspect bruni des poutres,
. . Une fenêtre ouverte où s’attarde un tendre espoir --
. . Tout cela est indicible, ô mon Dieu, et vous fait, bouleversé tomber à genoux.
 
. . Ô comme est sombre cette nuit. Une flamme pourpre
. . S’est éteinte sur mes lèvres. Dans le silence
. . S’est tu le jeu de cordes solitaire de l’âme apeurée.
. . Laisse et défaille, ivre de vin, quand ta tête roule au ruisseau.
 
Submitted by Guernes on Sat, 21/01/2017 - 19:23
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© Christian Guernes

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