Georg Trakl - Sit46 - Abendland (French translation)

German

Sit46 - Abendland

4. Fassung
 
Else Lasker-Schüler in Verehrung
 
1
 
Mond, als träte ein Totes
Aus blauer Höhle,
Und es fallen der Bluten
Viele über den Felsenpfad.
Silbern weint ein Krankes
Am Abendweiher,
Auf schwarzem Kahn
Hinüberstarben Liebende.
 
Oder es läuten die Schritte
Elis' durch den Hain
Den hyazinthenen
Wieder verhallend unter Eichen.
O des Knaben Gestalt
Geformt aus kristallenen Tränen,
Nächtigen Schatten.
Zackige Blitze erhellen die Schläfe
Die immerkühle,
Wenn am grünenden Hügel
Frühlingsgewitter ertönt.
 
2
 
So leise sind die grünen Wälder
Unsrer Heimat,
Die kristallene Woge
Hinsterbend an verfallner Mauer
Und wir haben im Schlaf geweint;
Wandern mit zögernden Schritten
An der dornigen Hecke hin Singende
im Abendsommer, In heiliger Ruh
Des fern verstrahlenden Weinbergs;
Schatten nun im kühlen Schoß
Der Nacht, trauernde Adler.
So leise schließt ein mondener Strahl
Die purpurnen Male der Schwermut.
 
3
 
Ihr großen Städte
Steinern aufgebaut
In der Ebene! So sprachlos folgt
Der Heimatlose
Mit dunbler Stirne dem Wind,
Kahlen Bäumen am Hügel.
Ihr weithin dämmernden Ströme!
Gewaltig ängstet
Schaurige Abendröte
Im Sturmgewölk.
Ihr sterbenden Völker!
Bleiche Woge
Zerschellend am Strande der Nacht,
Fallende Sterne.
 
Submitted by Guernes on Wed, 14/06/2017 - 19:06
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French translation

Occident

4ème version
 
En hommage à Else Lasker-Schüler
 
1
 
Lune, on dirait un mort sorti
D’une caverne bleue
Avec autour beaucoup de fleurs
Tombant sur le chemin des roches.
Près de l’étang du soir, on perçoit
Les pleurs d’argent d’un malade,
Et sur une barque noire, des amants
Qui traversent pour mourir.
 
Ou bien les pas qui sonnent de
Élis au travers du bois
D’hyacinthe, de nouveau
Se perdant au loin sous des chênes.
Ô la figure de l’enfant
Creusée de larmes de cristal,
Nuit envahie d’ombres.
La dent de l’éclair illumine la tempe,
Éternelle et glacée,
Quand sur la colline verdissante
L’orage du printemps retentit.
 
2
 
Si calmes sont les vertes forêts,
De notre pays,
La vague cristalline
Allant mourir contre le mur en ruine
Et nous avons pleuré dans le sommeil ;
Près de la haie d’épines, d’un pas hésitant
S’en vont ceux qui chantent
Dans le soir d’été, dans la paix sacrée
Des vignobles, au loin, qui étincellent ;
Ombres à présent, dans le ventre glacé
De la nuit, aigles en deuil.
Si calmes, et d’un rayon de lune refermées,
Les plaies pourpres de la mélancolie.
 
3
 
Et vous, grandes villes
Bâties de pierre
Dans la plaine ! voyez
Comme avec stupeur il suit le vent
L’apatride au front sombre,
Et les arbres dépouillés sur la colline.
Vous, fleuves enténébrés alentour !
Voyez comme il peut souffrir
Du rouge atroce du soir
Dans les nuées de l’orage.
Vous, peuples mortels !
Flots blêmes
Allant vous briser sur l’estran de la nuit,
Chute d’étoiles.
 
© Christian Guernes
Submitted by Guernes on Wed, 14/06/2017 - 19:08
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© Christian Guernes

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