Georg Trakl - Sit49 - Gesang des Abgeschiedenen (French translation)

German

Sit49 - Gesang des Abgeschiedenen

An Karl Borromaeus Heinrich
 
. . Voll Harmonien ist der Flug der Vögel. Es haben die grünen Wälder
. . Am Abend sich zu stilleren Hütten versammelt;
. . Die kristallenen Weiden des Rehs.
. . Dunkles besänftigt das Plätschern des Bachs, die feuchten Schatten
 
. . Und die Blumen des Sommers, die schön im Winde läuten.
. . Schon dämmert die Stirne dem sinnenden Menschen.
 
. . Und es leuchtet ein Lämpchen, das Gute, in seinem Herzen
. . Und der Frieden des Mahls; denn geheiligt ist Brot und Wein
. . Von Gottes Händen, und es schaut aus nächtigen Augen
. . Stille dich der Bruder an, daß er ruhe von dorniger Wanderschaft.
. . O das Wohnen in der beseelten Bläue der Nacht.
 
. . Liebend auch umfängt das Schweigen im Zimmer die Schatten der Alten,
. . Die purpurnen Martern, Klage eines großen Geschlechts,
. . Das fromm nun hingeht im einsamen Enkel.
 
. . Denn strahlender immer erwacht aus schwarzen Minuten des Wahnsinns
. . Der Duldende an versteinerter Schwelle
. . Und es umfängt ihn gewaltig die kühle Bläue und die leuchtende Neige des Herbstes,
 
. . Das stille Haus und die Sagen des Waldes,
. . Maß und Gesetz und die mondenen Pfade der Abgeschiedenen.
 
Submitted by Guernes on Sun, 18/06/2017 - 10:55
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French translation

Chant du décédé

À Karl Borromaeus Heinrich
 
. . Plein d’harmonies est le vol des oiseaux. Se sont rassemblées
. . Le soir, les forêts vertes autour de huttes bien plus tranquilles ;
. . Les prairies cristallines du chevreuil.
. . L’obscurité s’adoucit au clapotis du ruisseau, ombres humides
 
. . Et fleurs de l’été sont belles, et chantent dans le vent.
. . Déjà le front s’assombrit de l’homme qui médite.
 
. . Et une lampe luit dans son cœur et c’est le Bien
. . Et c’est la paix de la Cène ; car pain et vin sont consacrés
. . Par les mains de Dieu, et il te regarde avec des yeux chargés de nuit,
. . Ton frère ensommeillé après qu’il se soit reposé de son chemin de ronces.
. . Ô qu’il demeure dans le bleu rempli d’âmes de la nuit.
 
. . Le mutisme de la chambre est rempli aussi d’amour à l’ombre des ancêtres,
. . Des pourpres suppliciés, plainte d’une longue dynastie
. . Qui se retrouve à présent, pieuse dans la solitude de son fils.
 
. . Car toujours plus rayonnant s’éveille des minutes noires de la folie
. . Celui-là qui patiente sur le seuil pétrifié
. . Et l’étreint alors l’immense froideur du bleu et la fin lumineuse de l’automne,
 
. . La maison silencieuse et la forêt, ses contes et ses légendes,
. . Mesure et loi, et les chemins de lune que suit le décédé.
 
Submitted by Guernes on Sun, 18/06/2017 - 10:57
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© Christian Guernes

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