Catherine Ribeiro + Alpes - Un Jour... La Mort (English translation)

French

Un Jour... La Mort

Un jour, la Mort, cette grande femme démoniaque
M'invita dans sa fantastique demeure
Depuis longtemps elle me guettait, m'épiait
Usant de ses dons, de ses charmes magiques
Elle cambrait sa croupe féline
Fermait à demi ses paupières lourdes de sommeil
Au-delà desquelles brillaient deux yeux de guet-apens
Le souffle court, les lèvres entrouvertes
Elle murmurait : viens chez moi, viens, viens
Approche, viens t'enrouler dans mon repos
Mon repos - repos - repos - l'éternel repos.
Alors, coupant mon emblème -cordon-ombilical
J'absorbais trois tubes de somnifère réparateur.
Ainsi commença le tourbillon de la décadence
Semblable à celui de la terre qui me portait
Les gouvernements-tueurs étaient toujours en place
Le napalm brûlait nos maisons et nos champs
Les riches s'éclataient devant les classes laborieuses
Partout ce n'était que tumulte, cris de guerre
Je courais, cherchant à protéger les enfants
Les enfants, merde, pourquoi faire des enfants
Les écoles maternelles sautaient à la dynamite
Les châteaux de cartes espagnols s'écroulaient
Victimes de malformations congénitales
Seuls restaient debouts, victorieux,
Les Elysées, les Maisons-Blanches, les Kremlins
Les crèmes caramel, les crèmes au chocolat —
Dites-moi la Mort, Chère femme, Belle Mort
Vous me serrez d'un peu trop près, trop fort
Je ne suis pas vraiment lesbienne, savez-vous ?
Vos bras qui m'encerclent gênent ma respiration
Votre parfum me donne la nausée —
Dites-moi la Mort, Chère femme, Belle Mort
De ce côté-ci de l'au-delà
Où se trouve le chemin de l'Amour -
Sur terre, je refusais le mensonge, la vanité d'Etre
Ici, les dactylographes tapent sur des bongos
D'horribles rythmes qui foudroient mes entrailles -
Dites-moi la Mort, Chère femme, Belle Mort
Renvoyez-moi de ce côté-là de la Vie
Je voudrais connaître l'amour de Pierre-le-Récalcitrant
J'ai encore besoin de donner et de recevoir
J'ai besoin de me battre pour un autre monde
Je veux connaître l'An 01 dont parlaient nos amis
Je veux encore monter des bonhommes de neige
En hiver, sur les toits blancs des usines
Je veux faire sauter les autoroutes
Et me promener dans les hautes herbes des campagnes
Je veux embrasser les garçons et les filles
A pleine bouche, baiser leurs lèvres chaudes
Je veux m'enivrer de la salive de mon amour
Je veux aimer et mourir de mort-Naturelle
Comme tout le monde, les deux pieds dans mes sabots —
Redonnez-moi la Vie, la Mort, Belle Mort
Et je vous ferai un enfant.
 
Submitted by Nimbie on Mon, 31/03/2014 - 12:57
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English translation

One Day. . .Death

One day, Death, that great demonic woman
Invited me into her fantastical abode.
For a long time, she had observed me, spied on me
Using her gifts, her magical charms.
She arched her feline rump,
Half-closed her sleep-heavy eyelids
Behind which shone two eyes of ambush.
Breath coming short, lips parted
She murmured: come to my home, come, come
Approach, come roll yourself up in my rest
My rest - rest - rest - eternal rest.
So, cutting my umbilical-cord emblem
I absorbed three tubes of restful sleeping-pills.
Thus began the maelstrom of decadence
Similar to that of the land which bore me
The killer-governments were always in place
Napalm burned our houses and our fields
The rich burst before the working class
Everywhere, there was nothing but tumult, war-cries
I ran, seeking to protect the children
The children, shit, why do that to children
The nursery-schools were leaping with dynamite
The Spanish houses of cards were collapsing
Victims of congenital malformations
Were the only ones left standing, victorious.
The Elysees, the White Houses, the Kremlins,
The cream-caramels, the chocolate creams--
Say, Death, dear woman, beautiful Death
You're squeezing me a little too close, too tightly
I'm not really a lesbian, you know?
Your arms, encircling me, hinder my breathing
Your perfume is making me nauseous--
Say, Death, dear woman, beautiful Death
On this side of the hereafter,
Where can one find the way of Love--
On earth, I refused the lie, the vanity of Being
Here, the typists tap on their bongos
Horrible rhythms which thunder through my entrails--
Say, Death, dear woman, beautiful Death
Send me back to that side of Life
I want to know the love of Peter-the-Recalcitrant
I still need to give and to receive
I need to fight for a new world
I want to know the Year 01 that our friends were talking about
I still want to build snowmen
In winter, on the white roofs of the factories
I want to blow up the highways
And walk in the tall grass of the countryside
I want to embrace boys and girls
Open-mouthed, kissing their hot lips
I want to get drunk on the saliva of my beloved
I want to love and to die a natural death
Like everyone, two feet in my shoes*--
Give me Life again, Death, Beautiful Death
And I will make you a child.
 
i hope this translation was useful to you. use it wherever, i don't mind.
i write evocative translations rather than precise ones so this might not be "word for word".
Submitted by mayasurya on Sat, 16/09/2017 - 14:55
Added in reply to request by billiejeandoe
Author's comments:

*les deux pieds dans le meme sabot = to lack initiative. Wordplay?

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