Georg Trakl - Vib14 - Offenbarung und Untergang (French translation)

German

Vib14 - Offenbarung und Untergang

. . Seltsam sind die nächtigen Pfade des Menschen. Da ich nachtwandelnd an steinernen Zimmern hinging und es brannte in jedem ein stilles Lämpchen, ein kupferner Leuchter, und da ich frierend aufs Lager hinsank, stand zu Häupten wieder der schwarze Schatten der Fremdlingin und schweigend verbarg ich das Antlitz in den langsamen Händen. Auch war am Fenster blau die Hyazinthe aufgeblüht und es trat auf die Lippe des Odmenden das alte Gebet, sanken kristallne Tränen geweint um die bittere Welt. In dieser Stunde war ich im Tod meines Vaters der weiße Sohn. In blauen Schauern kam vom Hügel der Nachtwind, die dunkle Klage der Mutter, hinsterbend wieder und ich sah die schwarze Hölle in meinem Herzen; Minute schimmernder Stille. Leise trat aus kalkiger Mauer ein unsägliches Antlitz - ein sterbender Jüngling - die Schönheit eines heimkehrenden Geschlechts. Mondesweiß umfing die Kühle des Steins die wachende Schläfe, verklangen die Schritte der Schatten auf verfallenen Stufen, ein rosiger Reigen im Gärtchen.
 
. . Schweigend saß ich in verlassener Schenke unter verrauchtem Holzgebälk und einsam beim Wein; ein strahlender Leichnam über ein Dunkles geneigt und es lag ein totes Lamm zu meinen Füßen. Aus verwesender Bläue trat die bleiche Gestalt der Schwester und also sprach ihr blutender Mund: Stich schwarzer Dorn. Ach noch tönen von wilden Gewittern die silbernen Arme mir. Fließe Blut von den mondenen Füßen, blühend auf nächtigen Pfaden, darüber schreiend die Ratte huscht. Aufflackert ihr Sterne in meinen gewölbten Brauen; und es läutet leise das Herz in der Nacht. Einbrach ein roter Schatten mit flammendem Schwert in das Haus, floh mit schneeiger Stirne. O bitterer Tod.
. . Und es sprach eine dunkle Stimme aus mir: Meinem Rappen brach ich im Wald das Genick, da aus seinen purpurnen Augen der Wahnsinn sprang; die Schatten der Ulmen fielen auf mich, das blaue Lachen des Quells und die schwarze Kühle der Nacht, da ich ein wilder Jäger aufjagte ein schneeiges Wild; in steinerner Hölle mein Antlitz erstarb.
. . Und schimmernd fiel ein Tropfen Blutes in des Einsamen Wein; und da ich davon trank, schmeckte er bitterer als Mohn; und eine schwärzliche Wolke umhüllte mein Haupt, die kristallenen Tränen verdammter Engel; und leise rann aus silberner Wunde der Schwester das Blut und fiel ein feuriger Regen auf mich.
 
. . Am Saum des Waldes will ich ein Schweigendes gehn, dem aus sprachlosen Händen die härene Sonne sank; ein Fremdling am Abendhügel, der weinend aufhebt die Lider über die steinerne Stadt; ein Wild, das stille steht im Frieden des alten Holunders; o ruhlos lauscht das dämmernde Haupt, oder es folgen die zögernden Schritte der blauen Wolke am Hügel, ernsten Gestirnen auch. Zur Seite geleitet stille die grüne Saat, begleitet auf moosigen Waldespfaden scheu das Reh. Es haben die Hütten der Dörfler sich stumm verschlossen und es ängstigt in schwarzer Windesstille die blaue Klage des Wildbachs.
. . Aber da ich den Felsenpfad hinabstieg, ergriff mich der Wahnsinn und ich schrie laut in der Nacht; und da ich mit silbernen Fingern mich über die schweigenden Wasser bog, sah ich daß mich mein Antlitz verlassen. Und die weiße Stimme sprach zu mir: Töte dich! Seufzend erhob sich eines Knaben Schatten in mir und sah mich strahlend aus kristallnen Augen an, daß ich weinend unter den Bäumen hinsank, dem gewaltigen Sternengewölbe.
 
. . Friedlose Wanderschaft durch wildes Gestein ferne den Abendweilern, heimkehrenden Herden; ferne weidet die sinkende Sonne auf kristallner Wiese und es erschüttert ihr wilder Gesang, der einsame Schrei des Vogels, ersterbend in blauer Ruh. Aber leise kommst du in der Nacht, da ich wachend am Hügel lag, oder rasend im Frühlingsgewitter; und schwärzer immer umwölkt die Schwermut das abgeschiedene Haupt, erschrecken schaurige Blitze die nächtige Seele, zerreißen deine Hände die atemlose Brust mir.
 
. . Da ich in den dämmernden Garten ging, und es war die schwarze Gestalt des Bösen von mir gewichen, umfing mich die hyazinthene Stille der Nacht; und ich fuhr auf gebogenem Kahn über den ruhenden Weiher und süßer Frieden rührte die versteinerte Stirne mir. Sprachlos lag ich unter den alten Weiden und es war der blaue Himmel hoch über mir und voll von Sternen; und da ich anschauend hinstarb, starben Angst und der Schmerzen tiefster in mir; und es hob sich der blaue Schatten des Knaben strahlend im Dunkel, sanfter Gesang; hob sich auf mondenen Flügeln über die grünenden Wipfel, kristallene Klippen das weiße Antlitz der Schwester.
 
. . Mit silbernen Sohlen stieg ich die dornigen Stufen hinab und ich trat ins kalkgetünchte Gemach. Stille brannte ein Leuchter darin und ich verbarg in purpurnen Linnen schweigend das Haupt; und es warf die Erde einen kindlichen Leichnam aus, ein mondenes Gebilde, das langsam aus meinem Schatten trat, mit zerbrochenen Armen steinerne Stürze hinabsank, flockiger Schnee.
 
Submitted by Guernes on Sun, 03/09/2017 - 14:06
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French translation

Révélation et Déclin

. . Étranges sont la nuit venue les chemins de l’homme. Comme je m’en allais en somnambule par des chambres de pierre, en chacune d’elles brûlait silencieux les petits lumignons d’un chandelier de cuivre ; et comme je m’étendais grelottant sur mon lit, de nouveau se tint à mon chevet, l’ombre noire de l’étrangère, et sans un mot, je cachais mon visage dans mes mains lentes. À la fenêtre s’épanouissait aussi, l’hyacinthe bleue et sur les lèvres de l’exalté vint une ancienne prière, gouttes de larmes cristallines, sanglots sur le monde amer. En cet instant, j’étais dans la mort de mon père, le fils blanc. Frémissant de bleu vint de la colline le vent de nuit, la sombre plainte de la mère, tournée vers la mort de nouveau et je vis l’enfer noir dans mon cœur ; minute d’un silence étincelant. Doucement sortit du mur de chaux un visage indicible – adolescent moribond ayant la beauté d’une génération qui s’en revient. Le froid des pierres recouvrit la tempe en éveil d’un blanc lunaire, les pas des ombres s’effacèrent peu à peu sur les gradins en ruine, en rangées roses dans le petit jardin.
 
. . J’étais assis, muet, dans une auberge déserte sous des poutres enfumés et seul devant mon vin. Radieux cadavre sur une ombre penchée et un agneau mort gisait à mes pieds. Du bleu pourrissant surgit la forme blême de la sœur, ainsi parla sa bouche ensanglantée : griffe, ronce noire. Ah, dans mes bras d’argent résonnent encore de violents orages. Des flots de sang au-dessus desquels sautent des rats criards, fleurissent à mes pieds lunaires, la nuit venue par les chemins. Que prenne feu les étoiles dans mes sourcils voûtés et que, doucement, sonne le cœur dans la nuit. Une ombre rouge à l’épée flamboyante surgit dans la maison, s’enfuit avec un front de neige. Ô mort amère.
. . Et une voix sombre sortit de moi : j’ai brisé dans la forêt le garrot noir de mon cheval, parce que la folie bondissait dans ses yeux pourpres ; sur moi tombèrent les ombres des ormes, le rire bleu de la source et la fraîcheur de la nuit noire comme je débusquais, chasseur sauvage, un gibier de neige ; dans un enfer de pierres s’éteignit mon visage.
. . Et une goutte de sang tomba, étincelante, dans le vin du solitaire ; et lorsque j’en bus, je le trouvai plus amer que du pavot ; et ma tête fut enveloppée d’un nuage noirâtre, par les larmes cristallines d’un ange damné. Et le sang ruissela, doucement, de la blessure argentée de la sœur et une pluie ardente tomba sur moi.
 
. . À la lisière de la forêt je veux aller marcher et me taire, lorsque décline un soleil de crin dans mes mains interdites ; un étranger sur la colline du soir qui lève ses paupières en pleurant sur la ville de pierre ; un gibier qui se tient en silence dans la paix des vieux sureaux ; ô la tête crépusculaire qui écoute sans trêve ou bien hésitants les pas qui suivent le nuage bleu sur la colline et les astres, sévères aussi. À ses côtés le guide en silence les vertes semailles, l’accompagne par les sentiers moussus de la forêt le timide chevreuil. Dans leurs cabanes mutiques, les villageois se sont renfermés et la plainte bleue du torrent a pris peur dans l’accalmie du vent noir.
. . Mais comme je descendais le chemin caillouteux, la folie vint me prendre et je poussais de grands cris dans la nuit ; et comme je me courbais avec des doigts d’argent sur les eaux silencieuses, je vis que mon visage m’avait abandonné. Et la voix blanche vint me dire : tue-toi ! Soupirant en moi se leva l’ombre d’un enfant et il me regarda rayonnant de ses yeux de cristal, si bien que je m’écroulais pleurant sous les arbres, sous la voûte immense des étoiles.
 
. . Course inquiète au travers d’un chaos de roches, loin des hameaux du soir ; des troupeaux qui retournent au pacage ; loin du soleil déclinant qui pâture dans les prairies de cristal, et cela bouleverse, le cri solitaire de l’oiseau, son chant farouche qui meurt dans un silence bleu. Mais doucement tu viens dans la nuit alors que j’étais allongé veillant sur la colline, ou rendu fou par l’orage du printemps ; et toujours plus sombre, la tête à l’écart, entourée des nuages de la mélancolie, de sinistres éclairs effrayent l’âme dans la nuit, tes mains déchirent mon poitrail à bout de souffle.
 
. . Comme j’allais dans le jardin crépusculaire et que la noirceur du mal s’était éloignée, je fus saisi par le silence d’hyacinthe de la nuit ; et je partis dans une barque recourbée sur les eaux endormies de l’étang ; et une douce paix frémit sur mon front pétrifié. Je m’allongeais resté sans voix sous de vieux saules, avec là-haut le bleu du ciel et plein d’étoiles ; et comme je mourais, là-haut regardant, moururent en moi angoisse et douleur la plus profonde ; et l’ombre bleu du garçon se leva dans l’obscurité, chanson douce ; le blanc visage de la sœur se leva, sur des ailes de lune, au-dessus de cimes verdoyantes, de roches cristallines.
 
. . Avec mes semelles d’argent, je descendis les gradins de ronces et j’entrai dans une pièce toute blanchie de chaux. Un chandelier y brûlait en silence et je cachai, muet, ma tête sous des lins pourpres ; et la terre rejeta un cadavre d’enfant, une chose lunaire qui, lentement, sortit de mon ombre, et membres écartelés, comme un flocon de neige sombra dans l’éboulis des roches.
 
Submitted by Guernes on Sun, 03/09/2017 - 14:08
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© Christian Guernes

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