A Story About a Jacket

Francia

Une histoire de blouson

Paye ta soirée, ringarde
J'traine mon moral dans mes chaussettes oranges.
Je soigne mon désespoir comme je soigne ma fringale :
Je pense à rien, je mange.

Et puis, classique, y'a ce beau brun accoudé au comptoir
Qui lance un regard circulaire.
Il s'accroche à mes yeux, j'fais semblant de pas l'voir
J'existe sans en avoir l'air.

Il s'approche de ma table
Pour me demander l'heure.
J'lui dis que j'ai du paumer mon portable
Le jour où j'ai perdu mon coeur.
Parce que, oui, aujourd'hui plus personne n'a de montre
On matte l'heure sur son portable.
Parce que même les beaux bruns d'aujourd'hui n'ont pas honte
De s'asseoir à votre table.

Ça fait cliché, ça fait con
Arlequin, rouge passion
Tout un monde d'évasion
Qui bave à l'impression.

Un sourire sur les lèvres goguenard il me jette
Un " Bad evening, poupée ? "
Je lui réponds " The worst " en secouant la tête
Avec un air vaguement blasé.
Et alors il me dit qu'en regardant mon assiette
On peut savoir qui je suis.
Qu'à la façon dont j'ai mis sur l'rebord mes courgettes
Je dois vraiment aimer la vie !

Je précise que ma vie
N'a rien de palpitant.
Qu'si les courgettes me font pas envie
C'est qu'elles sont froides depuis longtemps.

Parce que, oui, aujourd'hui pour draguer c'est bien mieux
De parler en anglais (D'you speak English ?)
De sortir des trucs de philo d'un goût douteux
Que personne comprend jamais.

Ça fait cliché, ça fait con
Arlequin, rouge passion
Tout un monde d'évasion
Qui bave à l'impression.

Mon beau brun qui sait sûrement pleurer et rire
Au rythme des contes de fées
Me demande, curiosité à assouvir
De qui je suis la dulcinée.
J'prefere ne pas répondre si j'dis que j'ai pas de copain
Il m'dira " Quoi ? Une fille comme toi ? "
Et si j'me ravise et lui avoue que j'en ai un
Ben il est pas jaloux comme gars.

Il me demande si je fume
Histoire d'aller dehors.
Alors on sort s'en griller une
Vite refroidis par le vent du Nord.

Monsieur le magnanime ôte alors son blouson
Et m'le met sur les épaules.
Alors c'est là que j'lui sors mon refrain sur les clichés cons.
Et lui à fond dans son rôle
Il m'dit : " Plus c'est cliché, plus c'est bon.
T'es la fille et moi le garçon.
Plus c'est cliché, plus c'est bon. "
J'ai enfilé l'blouson.
J'ai enfilé l'blouson.

Try to align
Angol

A Story About a Jacket

Pay for your evening, you old hat
I'm dragging my morale along in my orange socks.
I take care of my despair the same way I do my hunger :
I don't think, I just eat.

And then, classic, there's this dark handsome man leaning against the counter
Looking all around him.
He tries to catch my eye, I pretend not to see him
I exist without seeming as such.

He comes up to my table
To ask me the time.
I tell him I must have lost my phone
The day I lost my heart.
Because, yes, today nobody owns a watch
We check the time on our phone.
Because even the dark handsome men of today aren't shy
About sitting at your table.

It comes off as cliché, it comes off as stupid
Harlequin, passionate red
This whole world of escapism
Cheap ink smearing on the pages

A smile on his lips, he mockingly asks me
"Bad evening, baby doll?"
I answer him, "The worst" while shaking my head
With a slightly blasé expression.
And so he tells me that by looking at my plate
One can see what kind of person I am.
That by the way I've pushed my zucchinis to the side
I must really love life!

I clarify that my life
Is not remotely exciting.
And if I'm not tempted by the zucchinis
It's because they've been cold for a while now.

Because, yes, today in order to flirt it's much better
To speak in English (D'you speak English?)
To bring up philosophical ideas of questionable taste
That nobody ever understands.

It comes off as cliché, it comes off as stupid
Harlequin, passionate red
This whole world of escapism
Cheap ink smearing on the pages

My dark handsome man who surely knows how to cry and laugh
To the tune of fairy tales
Asks me, to quench his curiosity
If I am anyone's beloved.
I prefer not to answer: if I say I don't have a boyfriend
He'll tell me "What? A girl like you?"
And if I change my mind and admit that I have one
Well he's not a jealous guy.

He asks me if I smoke
In order to go outside.
So we go out and light one up
Quickly chilled by the North wind.

Mister the gentleman then takes off his jacket
And drapes it over my shoulders.
And it's then that I give him my spiel about stupid clichés.
And he, deeply committed to his role
Tells me, "The more it's cliché, the better it is.
You are the girl and I am the boy.
The more it's cliché, the better it is."
I put on the jacket.
I put on the jacket.

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Hozzászólások

rosalie.gerard     november 7th, 2012
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rosalie.gerard     november 7th, 2012

Ça fait cliché, ça fait con
Arlequin, rouge passion
Tout un monde d'évasion
Qui bave à l'impression.

We have to say that "Harlequin" books (editor) are known for cheap erotic stories, so when it "Bave à l'impression", it's a way to play with words because a cheap book is bad printed, we say that the ink "bave" (to slaver ?).

littlemcbeast     január 3rd, 2013

Si, je n'y avais pas du tout pensé ! En anglais, on dit que "the ink runs/smears". "Slaver" veut dire saliver littéralement, et est utilisé surtout dans un contexte de rage. Merci !