Les oiseaux tombaux (Hautalinnut)

Les oiseaux tombaux

Te souviens-tu comme moi
Ou te souviens-tu autrement:
Un parc aux bouleaux sans vie
Des glaces dans des salles vides

Ressentais-tu comme moi
Ou ressentais-tu autrement:
Le regard suppliant le ciel d'une statue effondrée

Le voyais-tu comme moi
Ou voyais-tu tout autrement:
Des oiseaux errants
Qui dorment au ciel

Croyais-tu comme moi
En toi croyais-tu:
À l'arc voilé d'un corps
Au fond d'un œil

Le jet d'eau est épuisé
Et les brins en haut morts

Y étais-tu avec moi
Ou enfin étais-je seul:
Les rues d'un midi glaçant
Rendues grises à la chaux

Était-elle ta peur similaire
Ou bizarre, unique à toi:
Des pas de militaires
Des cris, une fumée irritante

Et à une fenêtre, une silhouette
Peut-être était-elle la tienne:
Sur le point de s'en aller
Niant probablement tout

Écoutais-tu à ces clameurs
Ou fermais-tu les oreilles
Alors que la nuit reconduisit
Tout le monde comme pour le prendre

Le jet d'eau est épuisé
Et les brins en haut morts

Sentais-tu les fleurs mystérieuses
Ou n'avais-tu plus tes sens
Le vieux Alexeï qu'on a tiré
Ligoté à son siège

Les marchés géants, es-tu allé
Avec ces mêmes souliers usés
Les places désertes, arrosées
Les affiches mi-détachées

Mes bras te chauffaient-ils
Ou le froid te secouait-il
L'ombre d'une vieille platane
Une lettre par un frère perdu
Et la croûte sèche de pain
...
Percevais-tu, c'était tendre
Au matin du quatrième jour
Les tombes restaient vides

Le jet d'eau est épuisé
Et les brins en haut morts

Pleurais-tu le même deuil
Ou avais-tu aussi le tien
Un rire et un amour défendus
Une enfance marquée de solitude

Et était-ce même silence assiégeant
Ou entendais-tu une quelconque mélodie
Dans l'éclat d'un jour de printemps
Au-dessus d'une ville qui se meurt

As-tu donné la même promesse
Sous l'emprise d'une même vue
Une défiance et un regret qui
Pleuvent du haut avec lourdeur

As-tu échappé comme convenu
Pour venir loin ici, sur ce lieu
Le clocher fragile d'une église
Invisitée, es-tu ammené par le train

Le jet d'eau est épuisé
Et les brins en haut morts
Ton âme est-elle toujours en feu (1)
Et notre feu, tout un jeu, un jeu

Postato da benevoliste Mar, 22/05/2012 - 21:06
Commenti dell'autore:

(1) Il est vrai mot à mot qu'il s'agit de flamme, pas de jeu

Originale:
Finlandese

Hautalinnut

Altre traduzioni di "Hautalinnut"
Finlandese → Francese - benevoliste
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