Une saison en enfer - 011 - Délires - I - Vierge folle (إلى الاسبانية ترجم)

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Une saison en enfer - 011 - Délires - I - Vierge folle

L'époux infernal
 
. . Écoutons la confession d’un compagnon d’enfer :
 
. . « Ô divin Époux, mon Seigneur, ne refusez pas la confession de la plus triste de vos servantes. Je suis perdue. Je suis soûle. Je suis impure. Quelle vie !
 
. . « Pardon, divin Seigneur, pardon ! Ah ! pardon ! Que de larmes ! Et que de larmes encore plus tard, j’espère !
 
. . « Plus tard, je connaîtrai le divin Époux ! Je suis née soumise à Lui. — L’autre peut me battre maintenant !
 
. . « À présent, je suis au fond du monde ! Ô mes amies !… non, pas mes amies… Jamais délires ni tortures semblables… Est-ce bête !
 
. . « Ah ! je souffre, je crie. Je souffre vraiment. Tout pourtant m’est permis, chargée du mépris des plus méprisables cœurs.
 
. . « Enfin, faisons cette confidence, quitte à la répéter vingt autres fois, — aussi morne, aussi insignifiante !
 
. . « Je suis esclave de l’Époux infernal, celui qui a perdu les vierges folles. C’est bien ce démon-là. Ce n’est pas un spectre, ce n’est pas un fantôme. Mais moi qui ai perdu la sagesse, qui suis damnée et morte au monde, — on ne me tuera pas ! — Comment vous le décrire ! je ne sais même plus parler. Je suis en deuil, je pleure, j’ai peur. Un peu de fraîcheur, Seigneur, si vous voulez, si vous voulez bien !
 
. . « Je suis veuve… — J’étais veuve… — mais oui, j’ai été bien sérieuse jadis, et je ne suis pas née pour devenir squelette !… — Lui était presque un enfant… Ses délicatesses mystérieuses m’avaient séduite. J’ai oublié tout mon devoir humain pour le suivre. Quelle vie.! La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde. Je vais où il va, il le faut. Et souvent il s’emporte contre moi, moi, la pauvre âme. Le Démon ! — C’est un Démon, vous savez, ce n’est pas un homme.
 
. . « Il dit : « Je n’aime pas les femmes. L’amour est à réinventer, on le sait. Elles ne peuvent plus que vouloir une position assurée. La position gagnée, cœur et beauté sont mis de côté : il ne reste que froid dédain, l’aliment du mariage, aujourd’hui. Ou bien je vois des femmes, avec les signes du bonheur, dont, moi, j’aurais pu faire de bonnes camarades, dévorées tout d’abord par des brutes sensibles comme des bûchers… »
 
. . « Je l’écoute faisant de l’infamie une gloire, de la cruauté un charme. « Je suis de race lointaine : mes pères étaient Scandinaves : ils se perçaient les côtes, buvaient leur sang. — Je me ferai des entailles partout le corps, je me tatouerai, je veux devenir hideux comme un Mongol : tu verras, je hurlerai dans les rues. Je veux devenir bien fou de rage. Ne me montre jamais de bijoux, je ramperais et me tordrais sur le tapis. Ma richesse, je la voudrais tachée de sang partout. Jamais je ne travaillerai… » Plusieurs nuits, son démon me saisissant, nous nous roulions, je luttais avec lui ! — Les nuits, souvent, ivre, il se poste dans des rues ou dans des maisons, pour m’épouvanter mortellement. — « On me coupera vraiment le cou ; ce sera dégoûtant. » Oh ! ces jours où il veut marcher avec l’air du crime !
 
. . « Parfois il parle, en une façon de patois attendri, de la mort qui fait repentir, des malheureux qui existent certainement, des travaux pénibles, des départs qui déchirent les cœurs. Dans les bouges où nous nous enivrions, il pleurait en considérant ceux qui nous entouraient, bétail de la misère. Il relevait les ivrognes dans les rues noires. Il avait la pitié d’une mère méchante pour les petits enfants. — Il s’en allait avec des gentillesses de petite fille au catéchisme. — Il feignait d’être éclairé sur tout, commerce, art, médecine. — je le suivais, il le faut !
 
. . « Je voyais tout le décor dont, en esprit, il s’entourait ; vêtements, draps, meubles : je lui prêtais des armes, une autre figure. Je voyais tout ce qui le touchait, comme il aurait voulu le créer pour lui. Quand il me semblait avoir l’esprit inerte, je le suivais, moi, dans des actions étranges et compliquées, loin, bonnes ou mauvaises : j’étais sûre de ne jamais entrer dans son monde. À côté de son cher corps endormi, que d’heures des nuits j’ai veillé, cherchant pourquoi il voulait tant s’évader de la réalité. Jamais homme n’eut pareil vœu. Je reconnaissais, — sans craindre pour lui, — qu’il pouvait être un sérieux danger dans la société. — Il a peut-être des secrets pour changer la vie ? Non, il ne fait qu’en chercher, me répliquais-je. Enfin sa charité est ensorcelée, et j’en suis la prisonnière. Aucune autre âme n’aurait assez de force, — force de désespoir ! — pour la supporter, — pour être protégée et aimée par lui. D’ailleurs, je ne me le figurais pas avec une autre âme : on voit son Ange, jamais l’Ange d’un autre — je crois. J’étais dans son âme comme dans un palais qu’on a vidé pour ne pas voir une personne si peu noble que vous : voilà tout. Hélas ! je dépendais bien de lui. Mais que voulait-il avec mon existence terne et lâche ? Il ne me rendait pas meilleure, s’il ne me faisait pas mourir ! Tristement dépitée, je lui dis quelquefois : « je te comprends. » Il haussait les épaules.
 
. . « Ainsi, mon chagrin se renouvelant sans cesse, et me trouvant plus égarée à mes yeux, — comme à tous les yeux qui auraient voulu me fixer, si je n’eusse été condamnée pour jamais à l’oubli de tous ! — j’avais de plus en plus faim de sa bonté. Avec ses baisers et ses étreintes amies, c’était bien un ciel, un sombre Ciel, où j’entrais, et où j’aurais voulu être laissée, pauvre, sourde, muette, aveugle. Déjà j’en prenais l’habitude. Je nous voyais comme deux bons enfants, libres de se promener dans le Paradis de tristesse. Nous nous accordions. Bien émus, nous travaillions ensemble. Mais, après une pénétrante caresse, il disait : « Comme ça te paraîtra drôle, quand je n’y serai plus, ce par quoi tu as passé. Quand tu n’auras plus mes bras sous ton cou, ni mon cœur pour t’y reposer, ni cette bouche sur tes yeux. Parce qu’il faudra que je m’en aille, très-loin, un jour. Puis il faut que j’en aide d’autres : c’est mon devoir. Quoique ce ne soit guère ragoûtant…, chère âme… » Tout de suite je me pressentais, lui parti, en proie au vertige, précipitée dans l’ombre la plus affreuse : la mort. Je lui faisais promettre qu’il ne me lâcherait pas. Il l’a faite vingt fois, cette promesse d’amant. C’était aussi frivole que moi lui disant : « je te comprends. »
 
. . « Ah ! je n’ai jamais été jalouse de lui. Il ne me quittera pas, je crois. Que devenir ? Il n’a pas une connaissance ; il ne travaillera jamais. Il veut vivre somnambule. Seules, sa bonté et sa charité lui donneraient-elles droit dans le monde réel ? Par instants, j’oublie la pitié où je suis tombée : lui me rendra forte, nous voyagerons, nous chasserons dans les déserts, nous dormirons sur les pavés des villes inconnues, sans soins, sans peines. Ou je me réveillerai, et les lois et les mœurs auront changé, — grâce à son pouvoir magique, — le monde, en restant le même, me laissera à mes désirs, joies, nonchalances. Oh ! la vie d’aventures qui existe dans les livres des enfants, pour me récompenser, j’ai tant souffert, me la donneras-tu ? Il ne peut pas. J’ignore son idéal. Il m’a dit avoir des regrets, des espoirs : cela ne doit pas me regarder. Parle-t-il à Dieu ? Peut-être devrais-je m’adresser à Dieu. Je suis au plus profond de l’abîme, et je ne sais plus prier.
 
. . « S’il m’expliquait ses tristesses, les comprendrais-je plus que ses railleries ? Il m’attaque, il passe des heures à me faire honte de tout ce qui m’a pu toucher au monde, et s’indigne si je pleure.
 
. . « — Tu vois cet élégant jeune homme, entrant dans la belle et calme maison : il s’appelle Duval, Dufour, Armand, Maurice, que sais-je ? Une femme s’est dévouée à aimer ce méchant idiot : elle est morte, c’est certes une sainte au ciel, à présent. Tu me feras mourir comme il a fait mourir cette femme. C’est notre sort, à nous, cœurs charitables… » Hélas ! il avait des jours où tous les hommes agissant lui paraissaient les jouets de délires grotesques : il riait affreusement, longtemps. — Puis, il reprenait ses manières de jeune mère, de sœur aimée. S’il était moins sauvage, nous serions sauvés ! Mais sa douceur aussi est mortelle. Je lui suis soumise. — Ah ! je suis folle !
 
. . « Un jour peut-être il disparaîtra merveilleusement ; mais il faut que je sache, s’il doit remonter à un ciel, que je voie un peu l’assomption de mon petit ami ! »
 
. . Drôle de ménage !
 
تم نشره بواسطة Guernes في الخميس, 02/11/2017 - 18:48
تم تعديله آخر مرة بواسطة Guernes في الخميس, 09/11/2017 - 17:50
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Delirios - I - Virgen loca

El esposo infernal
 
. . Escuchemos la confesión de un compañero de infierno:
 
. . «Oh divino Esposo, mi Señor, no rehúses la confesión de la más triste de tus siervas. Estoy perdida, ebria. Soy impura. ¡Qué vida!
 
. . «¡Perdón, divino Señor, perdón! ¡Ah! ¡perdón! ¡Cuántas lágrimas! ¡Y cuántas lágrimas todavía para después, espero!
 
. . «¡Más tarde, conoceré al divino Esposo! Nací sometida a Él. —¡Ahora puede golpearme el otro!
 
. . «Actualmente, ¡estoy en el fondo del mundo! ¡Oh mis amigas!… no, no son mis amigas… Jamás hubo delirios ni torturas semejantes… ¡Qué tontería!
 
. . «¡Ah! sufro, grito. Sufro verdaderamente. Cargada con el desprecio de los más despreciables corazones, todo me está permitido sin embargo.
 
. . «En fin, hagamos esta confidencia, a condición de poder repetirla otras veinte veces, —¡tan opaca, tan insignificante!
 
. . «Soy esclava del Esposo infernal, de aquel que perdió a las vírgenes locas. Es ciertamente ese demonio. No es un espectro, no es un fantasma. Pero a mí que perdí la prudencia, que estoy condenada y muerta para el mundo, —¡no me matarán!— ¡Cómo os lo describiré! Ya ni siquiera sé hablar. Estoy de luto, lloro, tengo miedo. ¡Un poco de frescura, Señor, si quieres, si tú así lo quieres!
 
. . «Soy viuda… —Era viuda…— pero sí, antes era muy seria, ¡y no nací para convertirme en esqueleto!… El era casi un niño… Sus misteriosas delicadezas me sedujeron. Olvidé todo deber humano por seguirlo. ¡Qué vida! La verdadera vida está ausente. No estamos en el mundo. Yo voy adonde él va, es necesario. Y él se encoleriza a menudo conmigo, conmigo, la pobre alma. ¡El Demonio! —Es un Demonio, ya lo sabéis, no es un hombre.
 
. . «El dice: “No amo a las mujeres. Hay que reinventar el amor, ya se sabe. Ellas sólo pueden ambicionar una posición segura. Obtenida, corazón y belleza se dejan a un lado: sólo queda frío desdén, único alimento del matrimonio de hoy. O bien encuentro mujeres con los signos de la felicidad, a quienes yo hubiera podido trasformar en buenas camaradas mías, devoradas desde el comienzo por brutos sensibles como hogueras…”
 
. . «Le escucho convertir la infamia en una gloria, la crueldad en un encanto. “Soy de raza lejana: mis padres eran escandinavos: se atravesaban las costillas, bebían su propia sangre. —Yo cubriré de incisiones todo mi cuerpo, me tatuaré, quiero volverme horrible como un mongol: ya verás, aullaré por las calles. Quiero enloquecer de rabia. Nunca me muestres joyas, me arrastraría y me retorcería sobre la alfombra. Mi riqueza, la querría toda manchada de sangre. Jamás trabajaré…” Muchas noches, su demonio se apoderaba de mí, y rodábamos juntos, ¡y yo luchaba con él! —Otras, a menudo, ebrio, acecha en las calles o en las casas, para asustarme mortalmente. “Con toda seguridad me cortarán la cabeza; será ‘repugnante’”. ¡Oh!, ¡esos días en que desea andar con aire de crimen!
 
. . «A veces habla, en una especie de jerga enternecida, de la muerte que hace arrepentir, de desdichados que ciertamente existen, de trabajos penosos, de despedidas que desgarran los corazones. En los tugurios donde nos embriagábamos, lloraba al pensar en la gente que nos rodeaba, rebaño de la miseria. Levantaba a los ebrios en las negras calles. Sentía la piedad de una mala madre por las criaturas. —Se alejaba con gentileza de niñita que va al catecismo. —Simulaba conocerlo todo, comercio, arte, medicina. —Yo lo seguía, ¡como corresponde!
 
. . «Veía todo el decorado con que se rodeaba mentalmente: vestimentas, telas, muebles; yo le prestaba armas, otro rostro. Veía cuanto le concernía, como él hubiera querido crearlo para sí mismo. Cuando su espíritu parecíame inerte, lo seguía, lejos, en acciones extrañas y complicadas, buenas o malas: estaba segura de no penetrar jamás en su mundo. Junto a su querido cuerpo dormido, cuántas horas nocturnas he velado, preguntándome por qué ansiaría tanto evadirse de la realidad. Jamás ningún hombre hizo semejante voto. Reconocía —sin temer por él— que podría representar un serio peligro para la sociedad. ¿Tendrá acaso secretos para cambiar la vida? “No, sólo los busca”, me respondía. En fin, su caridad está hechizada, y yo soy su prisionera. Ninguna otra alma tendría fuerza suficiente —¡fuerza de desesperación!— para soportarla, para ser protegida y amada por él. Por lo demás, no lo imaginaba con otra alma: uno ve a su propio Ángel, nunca al Ángel de otro, creo. Yo residía en su alma como en un palacio que se ha desocupado para no recibir a una persona tan innoble como vosotros: eso es todo. ¡Qué vamos a hacerle! Yo dependía de él enteramente. Pero ¿qué pretendía con mi opaca y pusilánime existencia? ¡El no conseguía que fuese mejor, sino haciéndome morir! “Te comprendo”. Él se encogía de hombros.
 
. . «Así, mi pena se renovaba sin cesar, y encontrándome cada vez más perdida ante mis propios ojos —¡como también ante los de aquellos que hubieran querido fijarse en mí, si no hubiese estado condenada para siempre al olvido de todos!— sentía más y más hambre de su bondad. Con sus besos y sus cariñosos abrazos aquello era un verdadero cielo, un sombrío cielo en el que yo penetraba, y en el cual hubiese querido que me dejaran, pobre, sorda, muda, ciega. Ya me iba habituando a ello. Yo nos veía como dos buenos niños que pueden pasearse libremente en el Paraíso de la tristeza. Nos compenetrábamos. Llenos de emoción, trabajábamos juntos. Pero, después de una penetrante caricia, él me decía: “Qué extraño te parecerá todo lo que has pasado, cuando ya no esté. Cuando ya no tengas mi brazo bajo tu cuello, mi corazón para que reposes, ni esta boca sobre tus ojos. Porque tendré que irme, muy lejos, algún día. Pues tengo que ayudar a otros: es mi deber. Aunque sea tan poco apetecible… alma querida…” En seguida yo me presentía, ya lejos de él, presa de un vértigo que me precipitaba en las más horribles de las sombras: la muerte. Le hacía jurar que no me abandonaría. Veinte veces, hizo esta promesa de amante. Era tan frívolo como yo cuando le decía: “Te comprendo”.
 
. . «¡Ah! Jamás me inspiró celos. Creo que no me abandonará. ¿Qué sucedería? Carece de relaciones; no trabajará jamás. Quiere vivir sonámbulo. ¿Bastarían su bondad y su caridad para darle derecho al mundo real? Hay instantes en que olvido la miseria en que he caído: él me hará fuerte, viajaremos, casaremos en los desiertos, dormiremos sobre el pavimento de ciudades desconocidas, sin cuidados, sin penas. O despertaré, y las leyes y las costumbres habrán cambiado —gracias a su poder mágico—, el mundo, aunque siga siendo el mismo, me permitirá entregarme a mis deseos, a mis alegrías, a mis indolencias. ¡Oh! la vida de aventuras que existe en los libros de los niños ¿me la darás como recompensa por todo lo que he sufrido? No puede. Ignoro su ideal. Me ha dicho que tiene penas, esperanzas: no debo inmiscuirme en eso. ¿El habla con Dios? Tal vez yo debiera dirigirme a Dios. Estoy en lo más hondo del abismo, y ya no sé rezar.
 
. . «Si me explicase sus tristezas, ¿las comprendería mejor que sus sarcasmos? Me ataca, pasa horas enteras avergonzándome por todo lo que pudo conmoverme en el mundo, y se indigna si lloro.
 
. . «—Ves a ese elegante joven, penetrando en la hermosa y calma mansión: se llama Duval, Dufour, Armando, Mauricio, ¿qué sé yo? Una mujer se ha consagrado a querer a ese maligno idiota: está muerta, con seguridad ahora es una santa en el cielo. Tú me matarás como él mató a esa mujer. Es nuestro destino, el destino de los corazones caritativos…» ¡Ay! algunos días se le antojaba que todos los hombres laboriosos eran juguetes de delirios grotescos; se reía largo rato, espantosamente. Luego recobraba sus modales de joven madre, de hermana querida. ¡Si fuera menos salvaje, estaríamos salvados! Pero su dulzura también es mortal. Yo estoy sometida a él. ¡Ah! ¡Si seré loca!
 
. . «Quizás algún día él desaparezca maravillosamente; ¡pero necesito saber si subirá a un cielo, y presenciar, aunque sea en parte, la asunción de mi amiguito!»
 
. . ¡Vaya una pareja!
 
Tous droits réservés © Christian Guernes (pour les traductions en français, sauf indication contraire ; lien vers le source, indication du commentaire,etc.)
تم نشره بواسطة Guernes في الخميس, 02/11/2017 - 19:57
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Traducción - Oliverio Girondo & Enrique Molina

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