La collina (French translation)

  • Artist: Fabrizio De André
  • Song: La collina 7 translations
  • Translations: English #1, #2, #3, #4, French, German, Portuguese

Ils dorment sur la colline

Où est parti Elmer
qui se laissa mourir de fièvre,
Où est Hermann brûlé dans la mine.
Où sont Tom et Bert
le premier tué dans une bagarre
et l'autre qui sortit déjà mort de prison.
Et qu'en est-il de Charley
qui tomba pendant son travail
du haut du pont il vola, vola sur la route.
 
Ils dorment, dorment sur la colline
ils dorment, dorment sur la colline.
 
Où sont Ella et Kate
toutes deux mortes par erreur
l'une d'un avortement, l'autre d'amour
et Maggie tuée dans un bordel
par les caresses d'un animal
et Edith consumée par un étrange mal.
Et Lizzie qui poursuivit loin la vie
et qui fut ramenée depuis l'Angleterre
dans cet empan de terre.
 
Elles dorment, dorment sur la colline
elles dorment, dorment sur la colline.
 
Où sont les généraux
qui s'illustrèrent lors des batailles
avec des cimetières de croix sur la poitrine,
où sont les fils de la guerre
partis pour un idéal
pour une escroquerie, pour un amour malheureux,
on a renvoyé à la maison leurs dépouilles
dans des barrières liées serrées
pour qu'elles paraissent entières.
 
Ils dorment, dorment sur la colline
ils dorment, dorment sur la colline.
 
Où est Jones le musicien
qui fut surpris dans ses quatre vingt dix ans
et qui aurait bien joué encore avec la vie.
Lui qui offrit son visage au vent
sa gorge au vin et jamais une pensée
ni à l'argent, ni à l'amour, ni au ciel.
Lui qu'on croirait entendre dégoiser
encore des cochonneries
sur la route à des heures indues.
On croirait l'entendre encore
dire au marchand de liqueurs :
"Toi qui le vend, que t'achètes-tu de meilleur ?"
 
Submitted by MaryseMaryse on Sat, 21/07/2012 - 00:08
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Chanson inspirée de "La colline" , premier poème de Spoon River Anthology :

Où sont Elmer, Herman, Bert, Tom et Charley,
Le pétochard, le fier-à-bras, le clown, le pochard, le cogneur?
Tous, tous dorment sur la colline.
L'un n'a pas résisté aux fièvres,
L'autre a pris un coup de grisou,
L'un fut tué dans une rixe,
L'autre mort en prison, et le dernier tombé d’un pont
En trimant pour nourrir sa femme et sa marmaille -
Tous, tous dorment, dorment, dorment, sur la colline.

Où sont Ella, Kate, Mag, Edith et Lizzie,
La tendre, la simplette, l'effrontée, la pimbêche, la souriante ?-
Toutes, toutes dorment sur la colline.
L'une est morte en accouchant à la sauvette,
L'autre d’un amour contrarié,
L'une dans un bordel entre les pattes d’une brute,
L'autre en se galvaudant pour suivre les désirs du cœur,
L'une après de longs séjours à Londres et à Paris
Fut ramenée dans cet arpent par Ella, Kate et Mag-
Toutes, toutes dorment, dorment, dorment, sur la colline.

Où sont l'oncle Isaac et la tante Emily,
Et le vieux Towny Kincaid et Sevigne Houghton,
Et le Major Walker, lui qui avait parlé
Aux vétérans de la révolution ?-
Tous, tous dorment sur la colline.

On leur a ramené leurs fils morts à la guerre,
Et leurs filles brisées par la vie,
Et leurs enfants en pleurs, orphelins de père -
Tous, tous dorment, dorment, dorment sur la colline.

Où est donc le vieux Jones qui jouait du violon
Et qui joua avec la vie pendant quatre-vingt dix ans,
Bravant le grésil, la poitrine nue,
Buvant, bambochant, ne voulant ni femme ni enfants,
Ni or, ni amour, ni ciel ?
Voyez-le! Il clabaude sur la pêche et les fritures d’autrefois
Sur les courses de chevaux, jadis, au Bosquet de Clary,
Et sur les paroles prononcées par Abe Lincoln
Un jour à Springfield.

Edgar Lee Masters - Des voix sous les pierres - Phébus
Traduction : Patrick Reumaux

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La collina

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