Complainte des ramasseux d'morts (tłumaczenie na francuski)

Reklamy
starofrancuski

Complainte des ramasseux d'morts

Cheu nous, le lend'main d'la bataille,
On est v'nu quéri'les farmiers :
J'avons semé queuq's bott'lé's d' paille
Dans l' cul d'la tomb'rée à fumier ;
Et, nout' jument un coup ett'lée,
Je soumm's partis, rasant les bords
Des guérets blancs, des vign's gelées,
Pour aller relever les morts...
 
Dans moun arpent des " Guerouettes ",
J' n' n'avons ramassé troués
Avec Penette...
J' n' n'avons ramassé troués :
Deux moblots, un bavaroués !
 
La vieill' jument r'grichait l'oreille
Et v'la-t-y pas qu' tout en marchant,
J' faisons l'ver eun' volte d' corneilles
Coumm' ça, juste au mitan d' mon champ.
Dans c' champ qu'était eun'luzarniére,
Afin d' mieux jiter un coup d' yeux,
J' me guch' dessus l' fait' d'eun' têtiére,
Et quoué que j' voués ?... Ah ! nom de Dieu ! ,,.
 
Troués pauv's bougr's su' l' devars des mottes
Etint allongés tout à plat,
Coumme endormis dans leu' capote,
Par ce sapré' matin d'verglas ;
lls' tin déjà raid's coumme eun' planche :
L' peurmier, j'avons r'trouvé son bras,
‎- Un galon d' lain'roug' su' la manche -
Dans l' champ à Tienne, au creux d'eun' râ'...
 
Quant au s'cond, il 'tait tout d'eun' pièce,
Mais eun' ball' gn' avait vrillé l' front
Et l' sang vif de sa bell' jeunesse .
Goulait par un michant trou rond :
C'était quand même un fameux drille
Avec un d' ces jolis musieaux
Qui font coumm' ça r'luquer les filles...
J' l'ont chargé dans mon tombezieau ! ...
 
L'trouésième, avec son casque à ch'nille,
Avait logé dans nout' maison :
Il avait toute eun' chié' d' famille
Qu'il eusspliquait en son jargon.
I' f'sait des aguignoch's au drôle,
Li fabriquait des subeziots
Ou ben l' guchait su' ses épaules...
I' n'aura pas r'vu ses petiots ! ...
 
Là-bas, dans un coin sans emblaves,
Des gâs avint creusé l' sol frouéd
Coumm' pour ensiler des beutt'raves :
J' soumm's venu avec nout' charroué !
Au fond d'eun'tranché', côte à côte,
Y avait troués cent morts d'étendus :
J'ont casé su' l' tas les troués nôt'es,
Pis, j'ont tiré la tarr' dessus...
 
Les jeun's qu'avez pas vu la guarre,
Buvons un coup ! parlons pus d' ça !
Et qu' l'anné' qui vient soit prospare
Pour les sillons et pour les sâs !
Rentrez des charr'té's d' grapp's varmeilles,
D' luzarne grasse et d' francs épis,
Mais n' fait's jamais d' récolt' pareille
A nout' récolte ed' d'souéxant'-dix ! ...‎
 
Udostępniono przez Simon CoudercSimon Couderc dnia śr., 11/12/2019 - 08:25
tłumaczenie na francuskifrancuski
Wyrówna akapity
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Complainte des ramasseurs de morts

Chez nous, le lendemain de la bataille
On est venu chercher les paysans :
J'ai étalé quelques bottes de paille
Dans le fond de la charrette à fumier;
Et la jument maintenant attelée
Je suis parti, rasant les bords
Des friches blanches, des vignes gelées,
Pour aller ramasser les morts...
 
Dans ma parcelle des "Gerouettes",
J'en ai ramassé trois
Avec Penette...
J'en ai ramassé trois :
Deux moblots1, un bavarois !
 
La vieille jument remuait l'oreille
Et voilà que tout en marchant,
Nous faisons s'envoler un vol de corneilles
Comme ça, juste au milieu de mon champ
Dans ce champ qu'était planté de luzerne
Afin de mieux pouvoir jeter un coup d'œil
Je me juche sur le haut d'un tertre
Et que vois-je ? Ah ! Nom de Dieu !...
 
Trois pauvres bougres sur le devant des mottes
Étaient allongés tout à plat
Comme endormis dans leurs capotes
Dans ce sacré matin de verglas
Ils étaient déjà raides comme des planches :
Le premier j'ai retrouvé son bras,
Un galon de laine rouge sur la manche
Dans le champ de Tienne, au creux d'un sillon
 
Quand au second, il était tout d'une pièce
Mais une balle lui avait vrillé le front
Et le sang vif de la belle jeunesse
Coulait par un méchant trou rond
C'était quand même un fameux type
Avec une de ces jolies figures
Qui font comme ça retourner les filles
Je l'ai chargé dans mon tombereau
 
Le troisième avec son casque à chenilles
Avait logé dans notre maison
Il avait toute une chiée de famille
Qu'il expliquait dans son jargon
Il jouait avec les enfants
Leur fabriquait des sifflets
Ou bien les mettait sur ses épaules...
Il n'aura pas revu ses enfants !...
 
Là bas dans un coin sans cultures
Des gars avaient creusé le sol froid
Comme pour ensiler des betteraves :
Je suis venu avec mon chariot !
Au fond d'une tranchée, côtes à côtes
Y'avait 300 morts d'étendus
J'ai posé sur le tas les trois miens
Puis ils ont tiré la terre par dessus
 
Les jeunes qu'avez pas vu la guerre,
Buvons un coup, parlons plus de ça !
Et que l'année qui vient soit prospère
Pour les sillons et pour les tamis !
Rentrez des charretées de grappes vermeilles,
De luzerne grasse, de francs épis
Mais ne faites jamais de récolte pareille
À notre récolte de soixante-dix !
 
  • 1. Soldat de l'ancienne garde nationale mobile.
Udostępniono przez Simon CoudercSimon Couderc dnia śr., 11/12/2019 - 09:15
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