Hymne à la beauté (traducere în Engleză)

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Hymne à la beauté

Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme,
Ô Beauté ? ton regard infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime,
Et l'on peut pour cela te comparer au vin.
 
Tu contiens dans ton œil le couchant et l'aurore ;
Tu répands des parfums comme un soir orageux ;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.
 
Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ?
Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien ;
Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,
Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.
 
Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques ;
De tes bijoux l'Horreur n'est pas le moins charmant,
Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,
Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.
 
L'éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,
Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau !
L'amoureux pantelant incliné sur sa belle
A l'air d'un moribond caressant son tombeau.
 
Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe,
Ô Beauté, monstre énorme, effrayant, ingénu!
Si ton œil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte
D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu ?
 
De Satan ou de Dieu, qu'importe ? Ange ou Sirène,
Qu'importe, si tu rends, – fée aux yeux de velours,
Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine ! –
L'univers moins hideux et les instants moins lourds.
 
Postat de orhanatmacaorhanatmaca la Miercuri, 03/04/2013 - 22:50
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Hymn to beauty

Do you descend from highest heaven or exude from the abyss,
O Beauty? Your regard, malevolent and divine,
Randomly radiates the beneficent and the remiss
As discordantly as the fond foe that is wine.
 
You hold in your eye the nightfall and the dawn;
You spread perfumes as of an evening debauch;
Your kisses are an elixir and your mouth the bourn
Which make the hero cowardly and the youngster staunch.
 
Do you issue from the dark chasm or are you fallen from the stars?
Bewitched Destiny trails your kirtle as if in thrall;
You haphazardly scatter that which adorns and mars,
And you rule everything and answer for nothing at all.
 
You, Beauty, march on the dead whom you scorn;
Of your trinkets, Horror is not the least exquisite,
And Murder, which most alluringly adorns,
Dances seductively on your glorious gut.
 
The dazzled ephemeral flies towards you, candle,
Crackles, burns and says: Bless this flame!
The panting lover leant towards his belle
Seems like a dying man caressing his tomb.
 
That you come from heaven or hell has no import,
O Beauty, enormous, frightening, elementary crone!
If your eye, your smile, your foot, open to me the door
Of an Infinite that I love and have never known?
 
Of Satan or of God, what does it matter? Angel or Sirene,
What does it matter, if you return, - fey of velvet eyes,
Rhythm, fragrance, lustre, O my sole queen! -
The universe less fearsome and the moments less agonised.
 
Mulțumesc!
Postat de GlennGlenn la Marţi, 21/09/2021 - 10:10
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